Santé

Dans une quinzaine d’années, les personnes de plus de 65 ans constitueront le quart de la population québécoise. Ce vieillissement démographique n’est pas une catastrophe si on se base sur la réalité actuelle, car la majorité des personnes aînées sont autonomes, socialement actives, économiquement indépendantes et contributives. Près de 90 % de ces personnes vivent à domicile. Il faudra toutefois adapter nos structures et nos services à cette nouvelle réalité qui entraînera une demande accrue en soins de longue durée et en soins et services à domicile.
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Le réseau de la santé peine déjà à répondre à la demande de services et de soins à domicile. De plus, l’accès est inéquitable entre les régions. Pourtant, l’augmentation de soins à domicile adéquats pourrait retarder le recours à l’hébergement et ainsi diminuer la pression que nous subissons actuellement dans les CHSLD. Cela permettrait aux personnes aînées de rester là où elles le veulent, c’est-à-dire enracinées dans leur communauté le plus longtemps possible et de soutenir davantage les proches aidants. Actuellement, les soins à domicile ne représentent que 14 % du financement public des soins de longue durée au Québec. Pourtant, tous les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) leur consacrent une plus grande part de leur budget.
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Augmenter les budgets pour les soins et les services à domicile;

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Mettre en place un mode de financement basé sur les besoins en soins de longue durée des personnes âgées et non sur les besoins des établissements.

En s’inspirant des modèles adoptés par de nombreux pays, dont le Japon, la Corée du Sud, la France, la Belgique, l’Autriche et les Pays-Bas;
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Dégager les médecins de leurs tâches en milieu hospitalier pour les diriger vers les soins à domicile;

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Repenser la manière d’offrir les soins et les services à domicile.

en adoptant l’approche de l’autonomisation des aînés qui permet d’aider la personne à retrouver, à réapprendre, à récupérer ou à maintenir les compétences et les fonctions nécessaires à la réalisation de ses activités plutôt que de les remplacer;
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Améliorer les conditions de travail du personnel qui œuvre dans les services et les soins à domicile;

Les histoires d’horreur dans les centres d’hébergement pour personnes âgées et les résidences pour aînés se succèdent depuis plusieurs années et les milliers de décès durant la pandémie de COVID-19 témoignent des graves lacunes dans ces établissements. Malgré ce constat alarmant, les centres d’hébergement demeurent actuellement la solution pour plusieurs personnes, car les chiffres officiels les plus récents démontrent que plus de 3000 personnes se retrouvent sur la liste d’attente pour avoir accès à un CHSLD. Une récente analyse de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) indique qu’une personne sur neuf, qui a été admise dans un tel centre en 2018-2019, aurait pu rester à domicile si elle avait obtenu les soins nécessaires. La pénurie de main-d’œuvre est criante, autant dans les établissements publics que privés, et les conditions de travail amenuisent la rétention du personnel. Finalement, rappelons que près du quart des CHSLD sont en mauvais ou en très mauvais état selon les données gouvernementales.
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Améliorer les conditions de travail du personnel en CHSLD,

Notamment des préposés aux bénéficiaires, tant sur le plan salarial qu’organisationnel, en assurant des ratios sécuritaires qui feraient en sorte d’offrir la stabilité nécessaire ainsi que la présence du personnel qui est requis;
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Assurer des standards de qualité normés dans tous les types d’établissements, publics ou privés;

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Augmenter le nombre de ressources dédiées à la qualité de vie des résidents.

Notamment le nombre de techniciens en loisirs et d’éducateurs spécialisés, afin de soutenir les professionnels de la santé et de créer un environnement stimulant pour les résidents;
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Mettre en œuvre les travaux de rénovation et d’entretien essentiels.

Améliorer l’état des CHSLD et pour être en mesure d’offrir des chambres individuelles et de la climatisation dans tous les CHSLD du Québec;
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Redonner aux CHSLD leur capacité de gestion et de gouvernance locale en établissant des mécanismes d’imputabilité.

La prévalence des maladies chroniques augmente rapidement chez les personnes aînées, dont un cinquième a besoin de services à cause d’une incapacité. Ces besoins augmentent significativement à partir de 85 ans. Or, le fardeau de la maladie est largement associé à des maladies évitables et à des facteurs modifiables. Pour ce faire, il faut par exemple agir de manière préventive sur des facteurs de risque, tels que le tabagisme, l’inactivité physique ou l’alimentation malsaine. Même à un âge avancé, nous pouvons prévenir ou retarder la maladie ou ses conséquences et contribuer à repousser le besoin de services plus intensifs et plus coûteux. Malheureusement, avec moins de 2 % de son budget de santé consacré à la prévention, le Québec fait figure de parent pauvre à l’échelle canadienne.
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Investir davantage dans la prévention en santé et dans la promotion de saines habitudes de vie;

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Augmenter l’accès aux services de santé auditive, visuelle et buccodentaire pour les personnes aînées;

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Accroître l’accès à des professionnels de la santé (médecins de famille, infirmières, nutritionnistes, kinésiologues, etc.) et à des activités qui ont un impact sur les facteurs de risque associés aux maladies chroniques;

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Bonifier l’accès à des services de santé mentale.

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