
Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population et de pénurie de logements accessibles et abordables, il devient impératif de repenser nos façons d’habiter. Partout, des modèles novateurs émergent pour répondre aux réalités des aînés (isolement, perte d’autonomie, éloignement des services) en misant sur la proximité, l’entraide et la vitalité du lien social.
Les milieux de vie plurigénérationnels s’imposent comme une solution particulièrement porteuse. Ancrés dans des complexes d’habitation pour aînés, ils reposent sur une vision forte : ouvrir ces lieux sur leur communauté. En favorisant les rencontres, la participation et la solidarité entre les générations, ils offrent à la fois un environnement sécuritaire et adapté, et un cadre de vie riche de sens et de relations.
Au quotidien, ces milieux créent les conditions d’une entraide naturelle et d’un véritable sentiment d’appartenance. Les espaces partagés deviennent des carrefours vivants où chacun contribue selon ses forces. Au Quartier des générations, à Montréal, par exemple, des activités comme l’aide aux devoirs permettent aux aînés de transmettre leurs connaissances, de briser l’isolement et de jouer un rôle actif auprès des plus jeunes. Ces interactions, simples mais structurantes, tissent des liens durables et renforcent la cohésion du quartier.
Ce modèle s’inscrit pleinement dans les orientations gouvernementales visant à créer des environnements favorables au vieillissement et à soutenir la participation sociale des aînés. Il répond à la fois à des besoins concrets en habitation et à une aspiration collective : bâtir des communautés plus solidaires, inclusives et humaines. Son potentiel transformateur est réel : encore faut-il le faire connaître et le déployer à plus grande échelle.
Le premier panel met en lumière le Quartier des générations, dans Ahuntsic, un projet emblématique qui réinvente l’habitation à l’ère du vieillissement collectif. En réunissant des aînés aux profils divers, des espaces ouverts sur la communauté et une programmation riche d’activités sociales et culturelles, il incarne une vision renouvelée du vivre-ensemble, où chaque génération contribue activement au bien commun.
Par ailleurs, les données du sondage Segma commandé par la CDA en janvier 2025 sont sans équivoque : la population rejette massivement l’institutionnalisation. À peine 3,7 % des personnes souhaitent vieillir en CHSLD ou en Maison des aînés. À l’inverse, les milieux de vie alternatifs sont largement privilégiés, notamment les maisons intergénérationnelles (46,6 %) et les résidences privées pour aînés (35,2 %). Ce constat confirme l’urgence d’accélérer le développement de modèles d’habitation qui favorisent l’autonomie, l’ancrage dans la communauté et la dignité des personnes aînées.